Le sens du savoir : La finalité
Est-ce que l’esprit scientifique peut exclure toute préoccupation relative à la finalité, en cherchant à l’expliquer ? Peut-on limiter l’explication à la science ? La science peut-elle satisfaire l’interrogation du sens ?
Peut-on postuler qu’à partir de la confrontation avec le phénomène, l’objet vitalisé ou inerte, la croyance en une cause émergerait comme alternative ?
Philippe Descamps explique que, ‘Décrire en termes finalistes un phénomène, c’est toujours plus ou moins poser l’existence d’une conscience capable d’envisager le tout et l’avenir, capable d’élaborer un projet qui organisera les moyens à mettre en œuvre et saura agencer harmonieusement les parties pour former un tout.
Dès que l’on interprète le fonctionnement d’un organisme comme étant composé de parties qui se développent en vertu d’une totalité et contribuent dans leur coopération à la survie de l’organisme, on le suppose animé d’une finalité interne, c’est être pourvu d’intention’.
(Sciences et Avenir, Octobre, 2000)
L’explication mécaniciste par les positivistes n’aboutit pas à l’explication finaliste de la raison d’être qui s’impose sans résolution.
Le « comment ?» n’explique pas le « pourquoi ? ».
Dans ce chapitre nous proposons d’étudier le mécanisme de cette idée.
Devant un monde déjà fait l’homme s’interroge sur l’Univers, sur la vie et sur lui-même. Si nous sommes dans un univers composé de centaines de milliards de galaxies (limités par certaines scientifiques à cent milliards), et que dans chaque galaxie il y a cent milliards d’étoile, le champ de la connaissance est sans limites.
En sachant que la terre est une étoile parmi des milliards des étoiles de la galaxie de La voie Lactée.
La terre, ses structures, ses formations, ses éléments, ses fonctions, sa présence et son origine, confronte l’homme aux questions fondamentales constituant le savoir terrestre. L’homme, une dimension de la matière dans le temps, se présente comme une énigme à expliquer.
Le phénomène des multiples systèmes déjà en existence, ordonné pour se développer au moment de la fécondation de l’ovule. Les systèmes constituants les êtres sont d’une complexité infinie et les scientifiques doivent analyser le phénomène dans son milliardième de milliardième de milliardième de seconde le comportement de chaque système.
Ils prennent conscience que sa structure composée de milliards et de milliards d’atomes mis en forme en des cellules aboutit à son être final, concrètement adulte et mature. Les cent vingt milliards de neurones constituant le réseau de communication dans le cerveau humain est un mystère.
Le système génétique avec quelques trois millions caractéristiques d’une charte génétique complexe est soumis à des lois infiniment précises, et pose un défi à l’observateur.
L’homme est sujet de l’ordre et des lois qui maintiennent son existence. Peut-on postuler que si il y a ordre, il doit y avoir des lois, et si il y a lois il y a des programmes, et si il y a des programmes, il y a des programmeurs, ou plusieurs ?
Peut on envisager que la similitude entre les phénomènes, animés ainsi que inanimés, dénoterait la même force créatrice organisatrice?
La cause aristotélicienne ne prend pas en considération l’idée de l’acte de création. Nous pouvons donc nous demander où sa « cause première » a trouvé sa matière avant qu’elle ait manipulé « le mouvement » ?
La position finaliste est rejetée par la plupart des scientifiques d’aujourd’hui, car en dehors de la rationalité scientifique.
Dans cette optique les découvertes scientifiques sont en conflit avec certaines normes de tradition et de croyance religieuse.
Atlan considère que, ‘à l’origine de ces finalités porteuses de significations, on trouve dans toutes les sociétés humaines des mythes et des rites plus ou moins intégrés et reprise dans des traditions philosophiques et religieuses diverses. Celles-ci sont aujourd’hui en conflit avec les savoirs scientifiques objectifs d’une part, et les unes avec les autres d’autre part. Les sciences et les techniques, de leur coté, non seulement ne permettent pas de fonder des références du bien et du mal éventuellement universelles, mais créent de toutes pièces des problèmes éthiques, sociaux et juridiques sans fournir les moyens de les résoudre. Nous sommes donc condamnés à construire de nouveaux systèmes de significations à partir de ce que nous pouvons entendre de ces mythes anciens et nouveaux, avec l’aide d’une réflexion anthropologique et philosophique renouvelée dans le contexte des savoirs et des incertitudes d’aujourd’hui.’ (Sciences et Avenir, Octobre, 2000)















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